Le Forum des Samonios
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 Petite réunion au coin du feu.

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Inilia
Fondatrice


Nombre de messages: 37
Date d'inscription: 16/01/2006

MessageSujet: Petite réunion au coin du feu.   Lun 27 Mar à 19:21

Le feu crépitait vivement dans l’âtre, faisant virevolter des braises à la vie aussi éphémère que leur éclat. Sur les murs, les ombres dansaient. Ils s’étaient tous réunis, sans exception, à l’occasion d’une soirée un peu spéciale. Au dehors, seul le vent s’engouffrant dans le feuillage des arbres trahissait la tranquillité des alentours de la petite ferme.

Essaion avait pris place sur une chaise, dans un coin opposé à la cheminée. Sur ses genoux, Oklana s’était fermement blottie dans ses bras. Ils semblaient parler. Des murmures, un chuchotement à peine audible, ou même un simple regard, on ne devinait pas trop comment ils pouvaient converser à cet instant précis tant leur complicité ne pouvait être jugée feinte.
Emrhys lui était accoudé à la table, les fesses posées sur une bûche de bois, elle-même sur une chaise, guère accommodée à la petite taille du nain. Penché au dessus d’un tas hétéroclite de gemmes, de plus ou moins grande valeur qu’il triait, peut être, tant son ardeur à la tâche respirait la passivité.
Sur la peau de bête disposée devant la cheminée s’était installé le reste du groupe. Inilia était assise en tailleur, tenant en mains un petit instrument à cordes dont elle ne jouait pas. La lumière du brasier se reflétait sur la peu laiteuse de l’elfe. Zadira, elle, tenait ses jambes blotties contre elle, le menton posé sur ses genoux et regardait fixement devant elle. L’exercice était plutôt difficile pour l’orc qui préférait grandement l’action brute à ces interminables réunions. Proche d’elle, assis sur ses pieds, se tenait Arnenvek, droit comme le manche d’une pioche, dans toute la prestance dont peut faire preuve un elfe sombre.
Tout trois entouraient une autre personne, extérieure à la petite famille qu’elle avait récemment décidé de rejoindre. On lui avait demandé de parler d’elle. Après plusieurs minutes de silence, elle commença.

Elle planta rapidement le décor. Enfant illégitime née du viol de sa mère par le prêtre des ombres qu'elle servait, sa petite enfance fut bercée entre servitude et esclavage. Endurcie par les épreuves, elle fut envoyée dès l'adolescence à l'Académie Militaire, où la chevalerie et l'art du combat lui furent enseignés de manière peu conventionnelle... Lassée par la soumission et l'internement qui régissaient sa vie, elle s'enfuit en direction du royaume d'Aden, dont les splendeurs lui avaient été si souvent rapportées.
En chemin, elle rencontra Essaion. Il sourit à l'évocation de ce souvenir, il l'avait rapidement présentée aux autres Samonios... Presque recueillie...

Tous l’avaient écoutée, sereinement. Ils prendraient maintenant tour à tour la parole pour lui parler d’eux, et des rencontres qui leur ont permis de se réunir.

Oklana quitta son homme des yeux pour prendre la parole, épaulée par Emrhys qui avait fini par remballer ses pierres.

Ils racontèrent leur enfance au village, l'apprentissage de la forge pour Oklana, celui de la fouille pour Emrhys.
Ils se chambrèrent l'un l'autre quand un souvenir cocasse leur revenait en mémoire. La complicité qui les unissaient donnait du baume au coeur si bien qu'on ne pouvait déprécier leur compagnie.
Puis vint le récit de leur départ. Ils ne développèrent guère la disparition de leurs parents, emportés par les mines... Ce tragique évènement en était la cause mais ils avaient encore du mal à en parler. Ils étaient partis un matin, la lune n'avait pas encore cédé sa place au soleil. Ils avaient regroupé dans leurs baluchons les quelques richesses du fruits de leurs travaux, revêtu leurs equipements de combat, et parti sur un petit sentier à travers la forêt. Au fil des villes et villages traversés, leur trésor grossissait un peu plus, résultat de leurs talents pour le commerce, si bien qu'ils avaient vite eu besoin d'acquérir une roulotte et un cheval de trait.
Par une nuit sans lune, alors qu'ils cherchaient un endroit où poser leur campement pour la nuit, ils tombèrent nez à nez avec un elfe sombre...

Arnenvek inspira profondément, il savait qu’il devrait conter la suite de l’histoire. Il en était le premier concerné.
Il était le moins locace du groupe quand il s'agissait de parler de ses origines, pourtant ce soir, exceptionnellement, il accepta d'en conter quelques bribes. Le reste, il le garda pour lui. Tous ont leurs secrets, certains plus que d'autres. Certains en voient même leur vie comblée à outrance... Quant à sa rencontre avec les deux nains, il se contenta de dire qu'il leur était redevable de ce soir là, et qu'il les suivrait tant que sa dette ne serait pas payée.

Quand le son de la voix d’Arnenvek commença à décroître, Zadira lâcha ses jambes et pris une pose plus propice au récit. Elle avait été la seconde à croiser la petite caravane.

Une rencontre plutôt fortuite d'ailleurs, puisqu'elle résultait d'une querelle entre elle et le second frère d'Oklana. L'un poussé par sa curiosité à jeter un oeil sous son voile, l'autre excédée par les demandes incessantes et injurieuses du petit homme, ils avaient provoqué un esclandre au beau milieu de la place du village, allant même jusqu'à se molester. Oklana avait réussi à calmer son frère et pour se faire pardonner, invita Zadira à prendre le souper avec le reste de la caravanne. Charmée par le petit groupe, elle décida de les suivre quand ils quittèrent le village, mettant à leur disposition tout ce qu'elle serait en mesure de leur apporter. Elle promit néanmoins d'apprendre à canaliser sa colère, et garder sa rage pour les ennemis que la caravane rencontrerait...

Inilia attendit un instant que la voix puissante de l’orc ait cessé de résonner dans la pièce pour prendre la parole. Ses doigts vinrent glisser délicatement sur l’instrument qui produit quelques notes douces en guise d’introduction à son récit.

Elle raconta comment, dans la plus pure tradition elfique, elle devint une fervente suivante d’Eva. Les entraînements à l’arc imposés par son père dont elle se serait bien passée. Mais également des choses qui lui tenaient à cœur comme les grandes célébrations en l’honneur d’Eva, quand les elfes réunis chantent à l’unisson de leurs voix cristallines les louanges à la Déesse. Les décennies avaient passé et Inilia se sentait cloîtrée au sein de ce village. Lasse de voir sans cesse les antiques querelles revenir perturber le présent, elle se décida à prendre la route. Elle était résolue à ne vivre que pour l’Art, où qu’il se trouve et peu importe la forme ou la race à qui Eva l’avait confié, Inilia était résolue à le trouver, l’étudier, l’apprendre…
Sa rencontre avec les Samonios ne fut pas des plus banales. Au détour d’un chemin de terre, dans les territoires nord du royaume, elle entendit cette voix déchirer le silence, puissant, rauque et gutturale. La petite caravane était encerclée par des pillards et Zadira venait de pousser son dernier chant guerrier avant de se lancer à corps perdu dans la bataille. Les pillards qui n’avaient pas encore subit le courroux de l’orc battirent rapidement en retraite, fonçant dans sa direction. Trois flèches furent décochées. En un éclair, les derniers pillards avaient vu leurs vies s’éteindre. Elle avança en direction de la caravane, récupérant au passage ses flèches sur les corps inanimés des pillards, et se posta devant Zadira, les yeux brillants. Quelques mots furent échangés, et finalement personne ne vit d’objection à ce qu’Inilia fasse un bout de chemin en compagnie de la caravane. Un bout de chemin qui dure encore aujourd’hui…
Quelques notes conclurent son récit.

Essaion fut le dernier à prendre la parole. Passant comme de coutume sous silence bien des choses de son passé, rien ne pouvait laisser deviner d'où il venait et ce qu'il avait vécu. Jusqu'à son regard mort et sa voix froide qui ne permettaient de connaitre son état d'esprit. Essaion expliqua rapidement ses désillusions sur la société et les institutions actuelles et leur corruption qu'il avait déja pu tristement constater. Il avait tenté en vain d'inculquer le respect de tous, quelque soit sa race et son origine, en devenant instructeur dans une académie. Reprenant la route plutot que de céder à un sentiment d'impuissance, il croisa la route d'une jeune artisane en difficultés, sans savoir que les autres membres de la caravane suivaient. Ayant déja par le passé escorté des marchands durant quelques années, il prit la route à leurs côtés, ne se doutant pas de son avenir commun avec Oklana, aussi joyeuse que lui était sombre, imprévisible moitié. C'est presque naturellement qu'il accueillit et présenta Ayantir à ceux qui étaient à présent devenus ses seuls compagnons. Cette jeune fille lui faisait étrangement penser à lui quelques années plus tot .... partageant même certains traits de caractères ...

Tous avaient parlé. Ayantir n’avait pas perdu une miette de l’histoire.

En écoutant le destin de ces cinq personnes, elle avait rapidement compris la philosophie qui guidait leurs vies. Tous différents, chacun ses croyances, chacun ses origines mais pourtant si unis. Unis autour de cet amour pour la vie présente, de ce désir de construire sa propre destinée en faisant fi des querelles archaïques qui régissent trop souvent les peuples. Unis également autour de la beauté et du travail bien fait, car chacun, à sa manière, fabrique, construit, assemble – peu importe quoi – pourvu que le résultat soit agréable à l’œil.
De la neutralité crée de cette union est né un mode de vie. La caravane, grâce au commerce et aux aptitudes de chacun, peut vivre en complète autarcie, sans jamais manquer de rien. Sans cesse en mouvement, elle s’établit parfois, au gré des rencontres et peut disparaître sans crier gare, du jour au lendemain, au bon vouloir de ses occupants.
D’aucun ne cherchera querelle à quiconque n’ayant pas entamé les hostilités. Les lieux inhospitaliers sont contournés. Les amitiés se voient nouées avec des gens partageant des idées communes, mais toujours dans un souci d’équité et de neutralité.

Les restes d’une ferme incendiée dans les vastes plaines du sud ont été rachetés à leur propriétaire. Rapidement rénovée grâce à la bonne volonté de chacun, elle sert de pied à terre pour les réunions et quand un membre n’est plus en état de prendre la route, à l’image de Zadira qui y séjournera le temps de sa grossesse.
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Zadira
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Date d'inscription: 15/01/2006

MessageSujet: Re: Petite réunion au coin du feu.   Lun 3 Avr à 19:25

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Petite réunion au coin du feu.

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